
J'ai emprunté, à la bibliothèque Gabrielle-Roy, Dix mille vies du poète coréen Ko Un. Dans un avant-propos le poète, né en 1933, écrit:
"La poésie, sans quoi elle ne mériterait pas son nom, vient d'un temps d'avant la poésie. Le langage n'appartient à personne en particulier. Les mots qui, par hasard, ont été appelés dans un poème, à l'origine étaient le dialecte de l'univers.
Il y a très longtemps, la poésie est née ici ou là sur la planète Terre. Elle contenait la longue histoire des autres planètes. La poésie existait ainsi avant le poète."

Anne Hébert écrit un peu dans le même sens.
RépondreSupprimerLa poésie n'est pas le repos du septième jour. Elle agit au coeur des six premiers jours du monde, dans le tumulte de la terre et de l'eau confondus, dans l'effort de la vie qui cherche sa nourriture et son nom. Elle est soif et faim, pain et vin.
Notre pays est à l'âge des premiers jours du monde. La vie ici est à découvrir et à nommer; ce visage obscur que nous avons, ce coeur silencieux qui est le nôtre,tous ces paysages d'avant l'homme, qui attendent d'être habités et possédés par nous, et cette parole confuse qui s'ébauche dans la nuit, tout cela appelle le jour et la lumière."
"Le poète est au monde deux fois plutôt qu'une. Une première fois il s'incarne fortement dans le monde, adhérant au monde le plus étroitement possible, par tous les pores de sa peau vivante. Une seconde fois il dit le monde qui est autour de lui et en lui et c,est une seconde vie aussi intense que la première.