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vendredi 31 juillet 2009

Se promener!


Je viens de terminer la lecture d'un essai intitulé Marcher une philosophie publié aux Éditions Carnets Nord en 2009. 302 pages de méditations sur cette "activité" toute simple: la marche à pied. L'auteur, Frédéric Gros, professeur de philosophie, parle de la marche comme d'un acte philosophique: la solitude, le silence, la lenteur, la fuite, le pèlerinage, la flânerie, l'expérience spirituelle... Vive les "penseurs en semelles"! Voici un court extrait:

"Marcher, comme on dit, cela vide la tête. Bien autrement, marcher remplit l'esprit d'une autre consistance. Pas celle des idées ou des doctrines, pas au sens d'une tête bourrée de phrases, de citations, de théories: mais pleine de la présence du monde. C'est cette présence qui dans la marche s'est, par alluvions régulières, déposée dans l'âme tout au long du jour." (p. 135)

lundi 6 juillet 2009

Un mot de Pierre Chatillon


Mon ami Pierre Chatillon, un de nos grands poètes, m'a écrit un mot très touchant au sujet de ce blog. Je voulais simplement partager ma joie et mon émotion:

"On entre dans ce blog comme dans un sous-bois. On s'y sent bien. Apaisé. La poésie y pousse à l'état naturel, comme la fougère. On oublie les tristesses, les lassitudes. On recommence à croire à l'émerveillement. C'est un ruisseau où on lave nos yeux fatigués."

Pierre Chatillon


mardi 30 juin 2009

Le premier arbre


Ce soir, j'ai esquissé l'arbre de ma cour. J'aimerais apprendre à peindre les arbres... Hier soir j'ai visionné un superbe documentaire sur le peintre Suzor-Côté. Je pense qu'il est devenu mon peintre préféré!!!!!! Il a passé sa vie à peindre des femmes nues et des paysages. Qu'espérer de plus de la vie? Cet après-midi j'ai commencé à lire le Journal du peintre de Nicolet, Rodolphe Duguay (1891-1973). C'est passionnant! Je n'en suis qu'à la page 88, le livre en compte 750! Mais je prendrai mon temps, je veux découvrir ce peintre dont j'ai déjà visité l'atelier il y a quelques années. Duguay a été l'élève de Suzor-Côté. À la page 78 du Journal, Duguay note les conseils de son maître: "C'est l'Air qu'il faut peindre", "Les verts des arbres et de l'herbe ne doivent pas être les mêmes, observez les verts" et ce conseil d'une grande poésie: "Ne pas faire de fenêtres dans vos arbres"!

Je vous offre le petit croquis de ce soir; c'est un peu comme mon premier arbre. Il y a si longtemps que je n'avais pas pris le temps de dessiner.

dimanche 21 juin 2009

Lire sur la galerie


J'ai passé l'après-midi à lire sur la galerie. Le vent écrivait ses poèmes dans les arbres et de belles femmes marchaient dans la rue. Tout pour être heureux: une limonade et un livre dans les mains. Risquer la liberté, essai de Fabrice Midal, philosophe et auteur de plusieurs ouvrages sur la spiritualité. J'ai emprunté ce livre très récent à la bibliothèque pour son chapitre sur Rilke. Voici un extrait:

"Rainer Maria Rilke commence à écrire de la poésie selon les usages en vigueur. Avec talent. Mais, peu à peu, il se rend compte qu'être poète, ce n'est pas cela. La poésie empêche la poésie. Elle n'est le plus souvent que jongleries relatives et contorsions contingentes, une sorte de divertissement savant pour quelques privilégiés. Elle est jeu littéraire et non engagement de la vie tout entière. Rainer Maria Rilke veut en libérer les ressources qui ne s'adressent nullement à quelques lettrés, mais qui concernent chacun de nous, quelle que soit l'éducation qu'il ait reçue - éducation qui n'est, en ce domaine, que d'un faible secours, voire qui constitue un handicap. La poésie n'est pas un exercice de spécialiste, mais le rapport le plus libre au réel."

samedi 20 juin 2009

Dix mille vies


J'ai emprunté, à la bibliothèque Gabrielle-Roy, Dix mille vies du poète coréen Ko Un. Dans un avant-propos le poète, né en 1933, écrit:

"La poésie, sans quoi elle ne mériterait pas son nom, vient d'un temps d'avant la poésie. Le langage n'appartient à personne en particulier. Les mots qui, par hasard, ont été appelés dans un poème, à l'origine étaient le dialecte de l'univers.

Il y a très longtemps, la poésie est née ici ou là sur la planète Terre. Elle contenait la longue histoire des autres planètes. La poésie existait ainsi avant le poète."