vendredi 31 juillet 2009

Se promener!


Je viens de terminer la lecture d'un essai intitulé Marcher une philosophie publié aux Éditions Carnets Nord en 2009. 302 pages de méditations sur cette "activité" toute simple: la marche à pied. L'auteur, Frédéric Gros, professeur de philosophie, parle de la marche comme d'un acte philosophique: la solitude, le silence, la lenteur, la fuite, le pèlerinage, la flânerie, l'expérience spirituelle... Vive les "penseurs en semelles"! Voici un court extrait:

"Marcher, comme on dit, cela vide la tête. Bien autrement, marcher remplit l'esprit d'une autre consistance. Pas celle des idées ou des doctrines, pas au sens d'une tête bourrée de phrases, de citations, de théories: mais pleine de la présence du monde. C'est cette présence qui dans la marche s'est, par alluvions régulières, déposée dans l'âme tout au long du jour." (p. 135)

3 commentaires:

  1. Les muscles les plus développés du poète?

    ...les mollets

    a dit un jour Jean Leloup!

    Merci de ce regard donné à lire. Hier, J'ai acheté deux recueils de Pierre Chatillon.

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  2. Quelle belle phrase de Frédéric Gros! C'est toujours en marchant que j'écris mes poèmes et toujours en marchant que je compose ma musique.Je n'ai jamais connu la peur de la page blanche car j'écris avec mes yeux sur l'azur et les vagues de la mer. Je sais que mes mots et mes notes passent comme l'écume et les nuages. Mais leur lumière fugitive me réjouit le coeur.Il faut marcher assez longtemps pour vider l'esprit de toutes les connaisances acquises. Ensuite, c'est le coeur qui comprend.Je marche au bord de la mer et j'écoute ce qu'elle me raconte. Les mots qu'elle murmure, je les assemble en poèmes, les mélodies qu'elle me chante, je les dispose sur des portées. Je l'avoue, je suis un plagiaire de la mer.

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  3. Un grand merci pour les commentaires!

    Voici un autre extrait du livre:

    "Pas question ici de "communion" ni de "fusion". Ces expressions conviennent mieux aux grandes expériences mystiques, où la pensée tout à la fois s'accomplit et s'évanouit dans un Tout. Non, la marche plutôt fait ressentir sa participation: je sens en moi le végétal, le minéral, l'animal. Je me sens fait du même bois que l'arbre dont en passant je touche l'écorce." (p. 134)

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