lundi 13 juillet 2009

La montagne vide


La montagne vide est une précieuse anthologie de la poésie chinoise du III ième au XI ième siècle. Traduit et présenté par Patrick Carré et Zéno Bianu, ce livre rare nous permet de cheminer avec les sages, les maîtres et les grands poètes classiques de la Chine. On y entend la parole de poètes vagabonds. Ce sont des "poèmes-randonnées" qui nous invitent à prendre les sentiers. Voici un texte magnifique de Tso Sseu, poète qui a vécu de 250 à 306 de notre ère:

À LA RECHERCHE DE L'ERMITE

"Canne au poing, je recherche l'ermite
Par un chemin abandonné en travers du temps.
Comment accéder à sa grotte dans la paroi?
La montagne résonne à son luth...

Les nuages blancs se heurtent au promontoire de l'ombre,
Les fleurs rouges s'allument au bois de lumière.
Entre les pierres, je bois à la source d'ambroisie
Où virevolte un éclair d'écailles.

Cordes et vents sont de trop
Quand le paysage est pure musique.
À quoi bon le chant des hommes?
- Les arbrisseaux savent pleurer.

J'ai pour me nourrir les chrysanthèmes,
Des pans d'orchidées pour me vêtir.
Pris de doute mon pas hésite:
J'en jetterais ma coiffe!"

Tso Sseu

1 commentaire:

  1. Cordes et vents sont de trop
    Quand le paysage est pure musique.
    À quoi bon le chant des hommes?

    J'adore

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