lundi 3 août 2009

Tous les horizons


Je viens de terminer la lecture d'une petite plaquette de poésie de Rainer Maria Rilke, tout juste réimprimée chez Actes Sud: Le livre de la pauvreté et de la mort. Voici un extrait:

"Que je sois le veilleur de tous tes horizons...
Permets à mon regard plus hardi et plus vaste
d'embrasser soudain l'étendue des mers.
Fais que je suive la marche des fleuves
afin qu'au-delà des rumeurs de leurs rives
j'entende monter la voix silencieuse de la nuit.

Conduis-moi dans tes plaines battues de tous les vents
où d'âpres monastères ensevelissent entre leurs murs,
comme dans un linceul, des vies qui n'ont pas vécu..." (p. 18-19)

vendredi 31 juillet 2009

Se promener!


Je viens de terminer la lecture d'un essai intitulé Marcher une philosophie publié aux Éditions Carnets Nord en 2009. 302 pages de méditations sur cette "activité" toute simple: la marche à pied. L'auteur, Frédéric Gros, professeur de philosophie, parle de la marche comme d'un acte philosophique: la solitude, le silence, la lenteur, la fuite, le pèlerinage, la flânerie, l'expérience spirituelle... Vive les "penseurs en semelles"! Voici un court extrait:

"Marcher, comme on dit, cela vide la tête. Bien autrement, marcher remplit l'esprit d'une autre consistance. Pas celle des idées ou des doctrines, pas au sens d'une tête bourrée de phrases, de citations, de théories: mais pleine de la présence du monde. C'est cette présence qui dans la marche s'est, par alluvions régulières, déposée dans l'âme tout au long du jour." (p. 135)

jeudi 23 juillet 2009

Le château de sable


Dans les derniers jours, j'ai relu Le château de sable, récit autobiographique du poète Pierre Chatillon. C'est un livre immense! À mettre entre les mains de tous ceux qui aiment la poésie. Une lecture essentielle pour les étudiants en création de nos universités et pour les participants des ateliers d'écriture. Un livre qui nous ouvre le regard.

Il est difficile, pour moi, de résumer un livre aussi important. Il a éveillé toutes sortes de questionnements et de souvenirs. Tout au long de ma lecture, j'ai noté mes impressions et souligné abondamment des passages très éclairants. D'ailleurs Le château de sable est un livre de lumière, il éclaire le lecteur. Dans ce sens, je n'hésite pas à comparer Chatillon à un souffleur de braise. Son écriture rallume chez le lecteur des feux qu'il croyait endormis. Dans ce récit, la poésie reprend vie!

On peut consulter la fiche complète du livre en visitant ce lien des Éditions David:

http://www.editionsdavid.com/notre_catalogue/sable.php

"L'histoire de la littérature classe les auteurs par ordre d'importance, séparant les grands écrivains des écrivains dits mineurs. Le passionné de poésie ne tient pas compte de ces catégories. Il se nourrit de tous les fruits et découvre parfois dans un buisson moins connu les baies magiques qui lui redonnent les couleurs de la vie. Je suis un insatiable lecteur, j'ai toujours aimé fouiller parmi des oeuvres rares et j'y ai parfois trouvé ce que j'appelle des chefs-d'oeuvres inconnus" (p. 227)

vendredi 17 juillet 2009

Roland Giguère



Cette nuit j'ai peint une toile.

Et j'ai repensé au grand Roland Giguère et son livre Forêt vierge folle. Un superbe chapitre, que j'ai abondamment souligné, s'intitule: Le visage intérieur de la peinture. Voici deux extraits:

"Chaque tableau naît d'une périlleuse descente. Images arrachées à la nuit tenace et vorace qui nous entoure. Le peintre rescape les images, chacune plus ou moins noyée au fond de l'être." (p. 27)

"Les visiteurs viennent. Ils se penchent, regardent avec attention, observent. Curieux... Étrange... "Mais où veut-il en venir?" Il veut en venir à la vie, monsieur, voilà où il veut en venir!" (p. 30)

jeudi 16 juillet 2009

Séraphine


Comme plusieurs, j'ai été très touché par le film Séraphine. Je viens de terminer la lecture du livre de Françoise Cloarec, La vie rêvée de Séraphine de Senlis, publié aux Éditions Phébus. L'auteure est psychanalyste et peintre, diplômée des Beaux-Arts de Paris. Voici deux extraits:

"De ses ombres intérieures, de ses désirs enfouis, de ses blessures, Séraphine va faire des fleurs." (p. 47)

"Peindre est la façon qu'elle a trouvée pour exister." (p. 161)

lundi 13 juillet 2009

La montagne vide


La montagne vide est une précieuse anthologie de la poésie chinoise du III ième au XI ième siècle. Traduit et présenté par Patrick Carré et Zéno Bianu, ce livre rare nous permet de cheminer avec les sages, les maîtres et les grands poètes classiques de la Chine. On y entend la parole de poètes vagabonds. Ce sont des "poèmes-randonnées" qui nous invitent à prendre les sentiers. Voici un texte magnifique de Tso Sseu, poète qui a vécu de 250 à 306 de notre ère:

À LA RECHERCHE DE L'ERMITE

"Canne au poing, je recherche l'ermite
Par un chemin abandonné en travers du temps.
Comment accéder à sa grotte dans la paroi?
La montagne résonne à son luth...

Les nuages blancs se heurtent au promontoire de l'ombre,
Les fleurs rouges s'allument au bois de lumière.
Entre les pierres, je bois à la source d'ambroisie
Où virevolte un éclair d'écailles.

Cordes et vents sont de trop
Quand le paysage est pure musique.
À quoi bon le chant des hommes?
- Les arbrisseaux savent pleurer.

J'ai pour me nourrir les chrysanthèmes,
Des pans d'orchidées pour me vêtir.
Pris de doute mon pas hésite:
J'en jetterais ma coiffe!"

Tso Sseu

jeudi 9 juillet 2009

Une pierre de Guillevic


Rien de mieux qu'un bon vieux poème de Guillevic pour terminer une superbe soirée d'été. Enfin!

"Si un jour tu vois
Qu'une pierre te sourit,

Iras-tu le dire?"

Eugène Guillevic